Mon point de vue sur la réforme de l’orthographe

 

Je ne pouvais pas passer à travers les articles parlant de cette fameuse réforme sans donner mon point de vue.

Avant même d’avoir consulté maintes rubriques s’y référant, je savais déjà que j’y étais formellement opposée. La lecture, notamment, du Journal officiel de la République française a confirmé mon désaccord, que j’expose dans différents points de vue et exemples ci-dessous.

J’ai noté qu’une des raisons de cette réforme est d’en rendre l’apprentissage plus aisé et plus sûr et par conséquent d’en faciliter l’enseignement. Je ne comprends pas pourquoi l’on s’attaque à environ deux mille mots qui poseraient problème alors que, paraît-il (avec un accent circonflexe sur le i), la Langue française est l’une des plus difficiles à apprendre. Dans ce cas, changeons toute l’orthographe, petit à petit.

On nous dit également qu’il n’est pas question de désapprendre, mais le nouvel usage annulera et remplacera par la force des choses l’ancien usage au fur et à mesure. Aujourd’hui, j’écris ‘’oignon’’ ainsi, et dans dix ans, les enfants que je côtoierai me regarderont de haut en s’exclamant : « Mais pourquoi tu mets un ‘’i’’à oignon ? T’as fait une faute ». J’ai du mal à l’admettre.

Pourquoi enlever le trait d’union de ‘’pique-nique’’ ou de ‘’porte-monnaie’’ ? Celui-ci tire bien sa signification de ‘’qui porte la monnaie’’ ?

Pourquoi rajouter un trait d’union à un nombre composé, comme ‘’cent-soixante-douze’’ ? Je n’ai pas de mots pour justifier cette imbécillité, qui perdra son double ‘’l’’ pour devenir ‘’imbécilité’’. Je trouve que la singularité de l’écriture de certains mots fait tout le charme de notre langue, et que les exceptions ne doivent pas disparaitre.

L’’événement’’ n’est pas cohérent avec un ‘’é’’ ? Il est tellement plus simple de le remplacer par un accent grave.

Comme beaucoup de personnes n’ont pas compris le principe du tréma sur ‘’aiguë’’,  on simplifie en le plaçant sur le ‘’u’’.

Il est évidemment compliqué de retenir qu’il y a un double ‘’l’’ dans ‘’amoncellement’’, aussi il est préférable d’en tronquer un et de le remplacer par un accent grave sur le ‘’e’’ suivi d’un seul ‘’l’’. On aura, de cette manière, ‘’amoncèlement’’. Cela pique les yeux ! Pourquoi ne pas alors continuer ainsi et écrire ‘’sèle’’ au lieu de ‘’selle’’ ?

On s’attaque aussi aux règles de grammaire. Pourquoi un double ‘’m’’ à ‘’grammaire’’ ? Ah non, celui-là n’est pas dans la liste. Ouf ! En voilà un de sauvé.

La grammaire est compliquée, certes, comme dans les phrases : ‘’Elle s’est laissée mourir’’ et ‘’elle s’est laissé convaincre’’. Pourquoi le participe passé se termine-t-il différemment dans deux phrases quasiment identiques ? En apprenant la règle de grammaire, on comprend pourquoi. Il suffit de se poser une seule bonne question et on trouve la solution. Mais c’est tellement plus simple de supprimer cette double règle et de tout écrire à l’identique. Je crains que d’autres règles ne subissent le même sort plus tard.

Il faudra aussi penser à rajouter des lettres, comme un ‘’r’’ à ‘’chariot’’, sinon il ne ressemblera plus à sa grande soeur, la ‘’charrette’’.

Un ‘’cure-dents’’ deviendra un ‘’cure-dent’’, c’est tellement plus logique, surtout quand il ne nous restera plus qu’une dent !

L’accent circonflexe qui s’impose sur le ‘’i’’ comme dans ‘’il plaît’’ va sauter car retenir qu’il est maintenu sur la 3ème personne du singulier est bien trop compliqué. Il faut aligner tout cela, hop, hop, hop ! Encore une exception !

D’autres mots seront injustement défigurés, tels que ‘’douceâtre’’ qui sera écrit ‘’douçâtre’’. Je reste bouche bée.

Le comble de ma découverte est que le ‘’punch’’ que j’aime tant boire de temps en temps avec modération deviendra le ‘’ponch’’ !!! Je ne comprends pas, mais je continuerai à en boire.

Tout ce que dit ou écrit l’Académie française n’est pas de l’eau bénite et ne se rapproche pas d’une institution puriste. Les solutions demandées à l’époque par le Premier ministre (je vous laisse chercher sur Google de qui il s’agissait), et proposées en 1990, puis mises en vigueur en 2016, ne sont pas acceptées par tous, encore moins acceptables. Elles seront subies.

De mon côté, je boycotterai la nouvelle écriture mais je laisserai les personnes que j’accompagne libres de leur choix.

On n’a pas fini d’en parler.

Isabelle

 

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